La question qu’un employeur ne doit jamais poser en entretien

Une question peut suffire à tout faire basculer. En entretien d’embauche, il ne s’agit pas seulement de mettre en avant ses compétences : il faut aussi savoir se protéger. Certaines questions, posées par des employeurs, franchissent une limite invisible, parfois sans même que l’on s’en rende compte.

La législation du travail s’impose comme un garde-fou pour préserver la vie privée et les droits des candidats. Pourtant, il arrive encore que des recruteurs s’aventurent sur le terrain glissant de la vie personnelle : situation familiale, projets d’enfants, voire convictions intimes. Autant de sujets qui n’ont rien à faire dans le cadre d’un recrutement.

L’objectif d’un entretien d’embauche est d’évaluer si le candidat possède les aptitudes pour occuper le poste visé. Or, la loi encadre strictement le champ des questions autorisées. On parle de question interdite dès qu’une interrogation porte sur la vie privée du candidat et reste déconnectée des exigences professionnelles.

L’article L1221-6 du Code du Travail fixe précisément ce cadre : seules les questions pertinentes pour le poste sont admises. Cette règle vise à barrer la route à toute forme de discrimination. Car derrière une simple question, se cachent parfois des informations personnelles qui ne devraient jamais entrer en ligne de compte.

Questions interdites et Code du Travail s’articulent de façon indissociable. Quelques exemples concrets suffisent à comprendre la frontière :

  • Êtes-vous marié(e) ?
  • Avez-vous des enfants ou souhaitez-vous en avoir ?
  • Quelle est votre orientation sexuelle ?
  • Quelle est votre religion ?

Le Code du Travail pose donc une limite nette : seules les questions ayant un rapport direct avec le poste sont légitimes. Toute tentative d’aller au-delà expose le recruteur à enfreindre les droits du candidat et à fausser le processus de sélection.

Pourquoi certaines questions sont-elles interdites lors d’un entretien ?

L’interdiction de certaines questions lors d’un entretien d’embauche trouve son origine dans la lutte contre la discrimination. Dès qu’une question touche à la vie privée, elle peut introduire des biais et fausser l’évaluation du candidat.

La loi identifie précisément 19 critères de discrimination à ne pas franchir. Voici les principaux domaines concernés :

  • l’origine,
  • l’âge,
  • le sexe,
  • l’apparence physique,
  • l’appartenance ethnique ou raciale,
  • la religion,
  • l’orientation sexuelle,
  • la situation familiale.

Tous ces critères relèvent de la sphère privée du candidat. La loi interdit donc toute question susceptible de les révéler, afin d’éviter tout risque de discrimination.

Un employeur qui dérape sur ce terrain prend de vrais risques. Non seulement il porte atteinte aux droits fondamentaux du candidat, mais il s’expose aussi à des sanctions. La sélection doit rester fondée sur les compétences et les qualifications, rien d’autre. Les employeurs attentifs au respect de ces règles se protègent ainsi d’éventuelles poursuites juridiques.

Exemples concrets de questions interdites

Certains sujets restent absolument hors-jeu lors d’un entretien d’embauche. Le Code du Travail est formel : toute question touchant à la sphère personnelle du candidat s’apparente à une discrimination potentielle. Pour illustrer, voici des exemples précis de questions à bannir :

  • Quel est votre âge ?
  • Quelle est votre origine ethnique ou raciale ?
  • Êtes-vous marié(e) ?
  • Avez-vous des enfants ou comptez-vous en avoir ?
  • Quelle est votre orientation sexuelle ?
  • Quelle est votre religion ?
  • Avez-vous des maladies chroniques ?

Ces questions sont qualifiées de questions interdites car elles n’apportent aucune information sur les compétences professionnelles. Un entretien doit porter sur des éléments objectifs : expériences, savoir-faire, capacité à occuper le poste.

Pour rester dans les clous, le recruteur doit privilégier les questions qui éclairent la valeur professionnelle du candidat. À titre d’exemple :

  • Quels sont vos précédents emplois dans ce secteur ?
  • Comment gérez-vous les situations stressantes au travail ?
  • Quels outils ou logiciels maîtrisez-vous ?

En s’en tenant à ce type de questions, l’entreprise réduit le risque de contentieux et garantit une évaluation juste et transparente. Les candidats, quant à eux, ont tout intérêt à connaître leurs droits pour éviter de se laisser piéger. Savoir identifier une question déplacée, c’est déjà préparer sa défense.

entretien emploi

Comment réagir face à une question interdite en entretien ?

Un candidat confronté à une question interdite lors d’un entretien n’est pas sans ressources. Il existe plusieurs façons de gérer la situation, selon le contexte et le ressenti.

Avant tout, prendre un instant pour analyser la question et choisir la meilleure façon de répondre. Il est possible de détourner la conversation avec diplomatie, par exemple en recentrant sur son parcours ou ses compétences.

Si la question revient, il n’est pas obligatoire de répondre. Une phrase comme « Je préfère mettre en avant mes compétences et mon expérience pour ce poste » permet de rester courtois sans livrer d’informations privées.

Certains candidats, plus à l’aise, peuvent signaler au recruteur que le Code du Travail encadre la nature des questions posées. Une intervention délicate, mais parfois utile pour rappeler les règles sans créer de tension.

Dans les situations où la discrimination est manifeste, la loi prévoit des recours. Les sanctions peuvent aller de l’amende à la prison dans les cas les plus graves. Le candidat peut saisir le Défenseur des Droits ou engager une procédure devant les prud’hommes. Pour mieux comprendre les réflexes à adopter, voici les principales options :

  • Analyser la situation et répondre avec tact
  • Refuser poliment de divulguer des informations privées
  • Rappeler la législation en vigueur
  • Faire appel à la justice en cas de discrimination avérée

Se préparer, connaître ses droits et savoir garder la tête froide : ces qualités font la différence face à une question déplacée. L’entretien d’embauche doit rester un échange respectueux, centré sur les compétences et le potentiel de chacun. Une vigilance partagée, qui dessine aussi les contours d’une société plus équitable.

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